Nadia Chahed
07 Novembre 2017•Mise à jour: 08 Novembre 2017
AA/Peter Kum
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la République centrafricaine (RCA), Parfait Onanga-Anyanga, a jugé "crucial l'engagement continu du Conseil de sécurité dans les efforts de stabilisation du pays", indique un communiqué publié sur le site de l’ONU.
« L'année en cours a été marquée par des faits graves », a déclaré Onanga-Anyanga, devant des membres du Conseil de sécurité, rapporte le communiqué mis en ligne lundi soir.
« De nombreux Centrafricains ont perdu la vie », a-t-il rappelé, soulignant que la dégradation de la situation sécuritaire n'avait pas permis le retour durable des personnes affectées depuis le début de la crise.
La RCA compte désormais près de 600.000 personnes déplacées et un demi-million de réfugiés dans les pays voisins, précise le communiqué.
Le Représentant spécial a, en outre, indiqué que cette situation sécuritaire avait assombri davantage un environnement humanitaire déjà désastreux, marqué, notamment par les exactions à l'encontre des humanitaires dont 13 ont été tués durant les derniers mois dans ce pays.
« C'est dans ce contexte d'une brutalité inouïe, où il n'y a souvent aucune paix à préserver, que les Casques bleus sont engagés et risquent quotidiennement leurs vies », a-t-il poursuivi, notant que « douze d'entre eux ont succombé depuis le début de cette année, victimes de violentes attaques ciblées. »
Onangya-Anyanga a, d'un autre côté, souligné que, "partout où la présence de l'État faisait défaut, les attaques brutales à l'encontre des civils avaient persisté, en particulier dans le sud-est et le nord-ouest du pays", faisant remarquer que "la multiplication des foyers de tension et l'exacerbation de la violence mettaient en évidence les limites de la Force de la MINUSCA ( Mission onusienne en RCA), « que le retrait des forces ougandaises sous mandat de l'Union africaine a accentué".
Le représentant de l'ONU estime à ce propos que "pour réussir sur tous ces fronts, il faudrait un engagement de tous les acteurs autour d'un processus politique inclusif sous le patronage du Président centrafricain".
Faisant état de certains progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix et du Cadre d'engagement mutuel, qui fournissent des instruments stratégiques indispensables au renforcement institutionnel et au relèvement du pays, Onanga a toutefois regretté que "deux millions de personnes ont un besoin urgent d'assistance alimentaire" alors que " les perspectives de retour des déplacés et des réfugiés restent fortement compromises par la persistance des tensions".
Le Représentant spécial a, par ailleurs, souligné que la demande du Secrétaire général d'augmenter de 900 soldats les effectifs de la Force de la MINUSCA fait partie d'une stratégie complète visant à remédier à la détérioration de la situation sécuritaire et à créer un espace en vue de l'avancement du processus politique.
Il a précisé que la Force serait ainsi plus flexible en vue d'un déploiement rapide dans les zones à risque pour les civils.
La Centrafrique est secouée depuis quelques mois par des affrontements armés similaires à ceux qu'a connus le pays en 2013 et qui avait causé la mort de milliers de personnes et contraint des dizaines de milliers de musulmans à l’exil, selon l’Organisation des Nations Unies.