AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le mouvement de contestation anti-troisième mandat de Pierre Nkurunziza a atteint, jeudi, son 40ème jour à Bujumbura (Burundi). une date symbolique pour les initiateurs du mouvement.
« C'est le 40ème jour de nos manifestations. Un jour symbolique pour ceux qui y croient. Après 40 jours de jeûne, il se passe, toujours, quelque chose. Je reste convaincu que notre souffrance n'a pas été vaine, je suis convaincu que notre délivranceest poche», a souligné, jeudi, le président du Forum pour la conscience et le développement « Focode », Pacifique Nininahazwe, dans une publication sur son compte Facebook.
Il a, en outre, salué "le courage exceptionnel des manifestants" qui ont affronté la police et les Imbonerakure (les jeunes du parti au pouvoir Cndd-FDD) armés et les balles réelles pendant 40 jours et supporté les arrestations, les assassinats, les blessures...
Pour Nininahazwe, ce jeudi est une journée de réflexion sur les pas franchis, sur les perspectives et sur les moyens d'enrichir le mouvement de protestation. Il a, ainsi, plaidé pour l’organisation d’ "une campagne plus vaste de désobéissance civile" afin d’"honorer la mémoire des héros et des martyrs"de l’insurrection burundaise.
Se félicitant du succès jusque-là enregistré, il a ajouté : "Si le monde parle du Burundi, s'il y a des rencontres sur le Burundi, si les élections ont été reportées, si la Commission électorale s'est disloquée, si les imbonerakure sont connus comme une milice dangereuse, c'est grâce aux manifestants».
Motivés par cette note d’espoir, les manifestants ont été nombreux, jeudi matin, dans les rues de Bujumbura, jeudi matin. Au nord de la ville, dans la commune urbaine de Mutakura, les protestataires ont bloqué une route nationale (RN9) reliant Bujumbura à la province de Bubanza (Nord-ouest).
Non loin de Mutakura, en commune urbaine de Ngagara, des dizaines de manifestants se sont rassemblés tout au long du boulevard Buconyori.
« Les militaires nous ciblent par des tirs de sommation pour nous disperser, mais ce n’était qu’un coup d’épée dans l’eau, ils l’ont déjà remarqué, le groupe se reconstruit aussitôt après », a déclaré à Anadolu Alain Ndiho, un des jeunes manifestants du Quartier IV, Ngagara.
Même détermination du côté de Musaga (Sud de Bujumbura), où la situation était particulièrement tendue entre la 3ème et la 1ère Avenue.
Une scène devenue ordinaire. «Les policiers tirent à balles réelles, les manifestants répliquent avec des jets de pierres », a témoigné un manifestant. A Musaga, les manifestants avaient réussi, tôt ce matin, à marcher sur la route nationale 7 avant d'être dispersés par la police.
Ils ont choisi de continuer la manifestation dans le quartier, pour éviter des heurts avec les policiers massivement déployés à travers cette route.
Le Burundi traverse une crise politique et sécuritaire provoquée par la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat controversé, une crise qui a, à ce jour, fait plus de 45 morts, selon un décompte de Anadolu établi auprès de sources sécuritaires politique et humanitaires.
Ayant échappé à un coup d'Etat manqué le 13 mai, le président burundais continue à défier les appels des organisations régionales et de la Ccommunauté internationale à renoncer audit troisème mandat "anticobstitutionnel", selon l'opposition.
Le pouvoir vient, par ailleurs, d'annoncer le report pour une date encore indéterminée des élections législatives du 5 juin et de la présidentielle du 26 du même mois, compte tenu du climat sécuritair, sans pour autant aborder la question de la candidature de Nkurunziza.