AA/ Bujumbura/ Ndabashinze Renovat
Peu de Burundais se sont rendus, mardi matin, aux centres et bureaux de vote de Bujumbura (capitale) pour élire le futur président du Burundi, a rapporté un correspondant d’Anadolu.
A Bujumbura, un faible taux de participation a été enregistré jusqu’à 11h.30 GMT, dans plusieurs communes. Les électeurs se sont en effet rendus au compte goutte aux bureaux de vote de Musaga et de Muha.
Même constat du côté du chef lieu de la commune Bwiza et du campus Mutanga, où le nombre d' "électeurs se comptaient sur les doigts de la main".
Par ailleurs, une présence sécuritaire massive a été constatée autour du lycée Ngagara, où ont été délocalisés les bureaux de vote des quartiers les plus contestataires du troisième mandat de Pierre Nkurunziza, à savoir Mutakura et Cibitoke entre autres.
D'un point de vue sécuritaire, des centaines de militaires et de policiers munis d’armes lourdes et légères ont été déployés pour contrôler les lieux.
Sur un autre plan, a été constatée une faible présence des missions d’observations internationales. L’Union africaine avait décidé de ne pas envoyer d’équipes, arguant que « les conditions ne sont pas réunies pour une élection libre et transparente ».
A été néanmoins au rendez-vous la mission de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CEA) sur invitation de la Commission électorale du Burundi.
Pour la Présidentielle burundaise en cours, 3,8 millions d’électeurs sont enregistrés. Pourtant, un nombre très réduit (des dizaines dans le meilleur des cas) a été constaté dans la plupart des bureaux de vote de Bujumbura visités par le correspondant d’Anadolu. Les bureaux de vote sont ouverts de 8h à 18h (heure locale).
Bien que quatre candidats de l’opposition dont le leader de l’opposition Agathon Rwasa se soient retirés de la course, la Commission électorale « Ceni » a confirmé que les huit candidats, y compris le sortant contesté Pierre Nkurunziza, « seront en lice ce mardi 21 juillet ».
Le décompte des voix démarrera dès que le vote sera fini. Pour gagner au premier tour, un candidat doit avoir 50% plus une voix. Sinon, les deux premiers passeront au deuxième tour.
Pierre Nkurunziza, à la tête du pays depuis 2005, est largement contestée par les principaux partis de l’Opposition et une grande partie de la société civile rattachant son troisième mandat à une franche violation de la constitution burundaise qui limite à deux le nombre des mandats.
Le président sortant argue, quant à lui, qu’il a droit à un nouveau mandat vu qu’en 2005 il a été exceptionnellement élu par le parlement et non au suffrage universel, suite une longue guerre civile qui avait secoué le Burundi de 1993 à 20000.
Les manifestations engagées depuis près de deux mois contre un troisième mandat de Nkurunziza ont jusque-là fait plus de cent morts, selon les organisations des droits de l’homme, dont l’Association burundaise de protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh).