AA/ Bujumbura/ Rénovat Ndabashizne-Jean Bosco
Les bureaux de vote sont restés fermés et les habitants empêchés de voter pour les Législatives et les communales, lundi, dans certains quartiers contestataires burundais (anti-troisième mandat de Pierre Nkurunziza), ont rapporté des sources locales.
Dans les zones phares de la contestation, des bureaux de vote ont été délocalisés tel le cas de la commune de Musaga (sud de Bujumbura). Ces efforts et les appels lancés par les responsables de la Commission électorale (Ceni) n'ont, pas réussi à convaincre les habitants de ces quartiers d'aller voter "par peur de subir les représailles des chefs de l'opposition, fermement opposés aux élections", souligne un des habitants de Cibitoke.
"Des voisins m’ont empêché de quitter la maison pour aller voter dans un autre quartier, ils menacent de tuer tous ceux qui tenteraient d’aller voter", a déclaré, lundi à Anadolu, Ezéchiel Niyonkuru, un jeune plombier de Cibitoke (Nord de la capitale- grand foyer de la contestation où aucun bureau de vote n’a ouvert ses portes).
Jérémie Kayuku, un quadragénaire du quartier Mutakura a, pour sa part déclaré qu'il n'avait, nullement l'intention d'aller voter d'abord "parce qu'il a peur pour sa sécurité et ensuite parce qu'il ne sait pour qui des candidats il va voter".
L'opposition et la société civile avaient, lancé, la semaine dernière, un fervent appel aux Burundais afin de boycotter les élections tant que Nkurunziza n'aura pas renoncé à une troisième candidature "anti-constitutionnelle".
Par ailleurs la quasi-majorité des bureaux de vote ont ouvert, en retard, leurs portes, lundi matin, avec une affluence timide, pour accueillir des élections législatives et communales.
Initialement prévue à 06:00 (heure locale), l'ouverture des bureaux de vote ne s'est faite qu'à 08:30 (06:30 GMT).
"Les opérations de vote n'ont pas pu démarrer à l'heure prévue car les agents électoraux, arrivés en retard à cause des évènements de la nuit, n'ont pas eu le temps de préparer le matériel électoral", a déclaré, lundi matin, à la presse Cyriaque Bucumi, président de la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI) de Bujumbura, faisant allusion aux violences perpétrées dans la nuit de dimanche à lundi dans plusieurs quartiers du Burundi.
Selon Edouard Mukoko, Commissaire provincial de police à Ruyigi (180km à l'Est de Bujumbura), une personne a été tuée par balle dans la nuit de dimanche à lundi. La même source a précisé dans une déclaration à la presse que la victime a été atteinte par des coups de feu au moment où un bureau de vote était attaqué par des hommes armés vers 22heures locales (20h00 GMT).
"Des individus armés non encore identifiées ont, en outre, violemment attaqué des centres de vote dans les quartiers de Jabe et Cibitoke, dans la mairie de Bujumbura", a, pour sa part, déclaré à la presse, lundi matin, Godefroid Bizimana, directeur général adjoint de la police nationale du Burundi (PNB).
C'est dans un contexte chaotique et marqué par les contestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunzira (initiées le 26 avril dernier) que les Burundais sont appelés à participer, lundi, au 1er scrutin, celui des législatives et les communales.
Alors que l'opposition et la société civile appellent au Boycott des élections, les partis proches du parti au pouvoir tel l’Union pour le progrès national (Uprona), les Forces nationales de libération (Fnl) de aile dirigée par Jacques Bigirimana reconnue par le ministère de l’Intérieur, la Coalition pour une opposition participative (Copa) réunissant une dizaine de partis, ont appelé leur militants à participer massivement au rendez-vous de ce lundi.
D’après Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), 3.849.728 burundais sont attendus pour élire 100 députés et 15 conseillers communaux par communes.
Environ 11.493 bureaux de vote et 3500 centres de vote ont été installés à cet effet dans tout le pays.