AA/ Le Caire/ Sayed Fethi
Un tribunal égyptien a fixé la date de lundi prochain pour se prononcer sur le procès intenté contre 20 détenus, dont 4 journalistes de la chaîne qatarie Al JAzeera, accusés pour « incitation à la haine contre l’Egypte », selon des sources judiciaires.
Réuni dans l’institut de la police de Batrah, dans le sud du Caire, la cour pénale a décisé d'examinerde, lundi 23 juin, le procès dans lequel sont impliquées vingt personnes dont quatre ressortissants étrangers (un australien, un néerlandais et deux anglais), correspondants à la chaîne d’Al-Jazeera.
A l’audience de lundi, le comité de la défense des accusés a poursuivi sa plaidoirie, critiquant les procédures d’arrestation et de recherche, ainsi que l’absence d’un mandat d’arrêt. L’un des avocats de ce comité a estimé que le procès sent « la vengeance politique », indiquant que les accusés étaient en passe de réaliser, professionnellement, leur travail, « et les éléments saisis, dont des caméras et des CD le confirment ».
L’avocat de l’accusé Anas al-Baltaji, a insisté sur la nullité de la décision de la commission de la radio et de la télévision formée pour vider les CD et sélectionner les enregistrements vidéo et audio en vue de constituer les preuves d’accusation. Il a déploré, également, le manque de sérieux des enquêtes menées par des non spécialistes et soutenu, également, la nullité des interrogatoires des accusés qui n’ont pas été traduits devant le procureur.
De l’intérieur de la cage des accusés, Anas Al-Baltaji a réclamé de faire la part des choses entre le procès et ce qui se passe sur la scène politique, notamment les développements relatif à la confrérie des Frères Musulmans, indiquant qu’aucune preuve ne l’accuse dans cette affaire.
En décembre dernier, le Procureur avait ordonné l’arrestation d’un réseau de média composé de 20 personnes, dont les correspondants d’Al Jazeera. Le parquet accuse ces journalistes pour « incitation à la haine contre l’Egypte », en manipulant des images et en les diffusant ainsi que des informations mensongères sur l’antenne de la chaîne qatarie.
« Les accusés avaient aménagé un centre de média dans un hôtel de luxe au centre-ville du Caire pour recueillir et manipuler les contenus médiatiques afin de laisser croire que l’Egypte est en guerre civile et au bord de l’effondrement », précise l’enquête du procureur.