AA/ Bagdad/ Moayad al-Tarfi – Aref Youssef
Le Premier ministre irakien sortant, Nouri al-Maliki, a considéré que les appels à la formation d’un gouvernement de salut national «mettent un terme à l’expérience démocratique» en Irak, les qualifiant de «coup d’Etat contre la Constitution ».
Lors d’un discours télévisé, al-Maliki a soutenu que « Les terroristes bénéficient de l'appui de certains pays voisins (sans les citer). Mais le plus dangereux est que les rebelles contre la Constitution se sont alliés à l'EIIL et lui ont préparé le terrain », indiquant que ces "rebelles contre la Constitution" profitent de la situation du pays pour réaliser leurs desseins politiques.
Al-Maliki a critiqué également, le manque d’aide des «partenaires» (sans les citer) qui, selon lui « ne partagent avec nous que les butins ».
Les forces sécuritaires, a-t-il dit, ont réussi à dégager des routes entre les provinces et à libérer des villes, considérant que ces opérations ont été réalisées grâce au soutien du référentiel religieux (sans le spécifier).
Pour ce qui est du Parlement, il a mis l’accent sur l'importance de la participation à la première séance, soulignant: "Nous resterons fidèles à la volonté du peuple en renforçant son expérience démocratique et en protégeant le processus politique".
Plusieurs forces politiques irakiennes s’opposent à un troisième mandat pour Nouri al-Maliki et appellent à la formation d’un gouvernement de salut national. Dimanche dernier, l’Alliance dirigée par Iyad Allaoui a réclamé la démission d’al-Maliki et la formation d’un gouvernement de salut national, refusant toute intervention étrangère en Irak. «Nous appelons le Premier ministre à présenter sa démission pour éviter le danger qui guette le pays. Il s'agit de former un gouvernement d’unité nationale dans les plus brefs délais, ou, à défaut, un gouvernement de salut national», a déclaré dimanche, le dirigeant de «Wataniya», Hamed al-Mutlaq, lors d’une conférence de presse à Bagdad.
Les résultats des élections législatives irakiennes ont placé en tête les trois principales listes chiites, à savoir «L’Etat de droit» de Nouri al-Maliki, avec 96 sièges, le Bloc « des Libres » de Moqtada al-Sadr qui a remporté 34 sièges et le bloc «Le Citoyen» d’Ammar al-Hakim avec 31 sièges, soit 161 sièges du Parlement irakien qui compte 328 sièges.
La formation d’un gouvernement et la nomination du Premier ministre irakien nécessite le soutien de 165 députés des 328 élus pour garantir la majorité au candidat au poste de chef du gouvernement.