AA/Monrovia (Libéria)/ Evelyn T. Kpadeh
Un groupe de Libériens a mené jeudi une manifestation pacifique près du bâtiment du Parlement, à Monrovia, pour protester contre le projet de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf de suspendre plusieurs droits constitutionnels dans le cadre des efforts de lutte du gouvernement contre l’épidémie d’Ebola dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.
«Nous sommes ici pour exhorter les députés à ne pas souscrire au projet de la présidente» s’est exclamé un des manifestants, qui n’a pas désiré révéler son nom à l’Agence Anadolu (AA).
«Elle [Sirleaf] ne veut pas du bien à notre pays. La lutte contre l’Ebola est un combat holistique. C’est la méthodologie qui importe, pas de suspendre les droits fondamentaux» a souligné le manifestant en colère.
La chef d’Etat libérienne a récemment demandé au Parlement de soutenir sa proposition de suspendre plusieurs articles de la Constitution, notamment ceux qui garantissent la liberté d’expression, la liberté de circulation, le droit d’élire les dirigeants du pays et de se livrer librement à des activités professionnelles.
Sirleaf souhaite ainsi suspendre l’application de l’Article 1 qui garantit le droit des citoyens à «décider le départ de poste des fonctionnaires de la fonction publique et de choisir leurs successeurs par des élections et des nominations régulières ».
Le Libéria est sous état d’urgence depuis le 6 août dernier dans le cadre de mesures gouvernementales pour combattre une épidémie de virus Ebola galopante dans toute l’Afrique de l’Ouest.
L’épidémie du virus Ebola - apparue pour la première fois au Soudan et en République démocratique du Congo, en 1976 - a tué, depuis février dernier, au moins 3879 personnes en Afrique de l’Ouest, particulièrement en Guinée, au Sierra Leone, et au Libéria, d’après le dernier bilan de l’OMS.
D’après les chiffres du ministère libérien de la Santé, 2210 Libériens sont décédés par le virus.
Maladie contagieuse pour laquelle il n’existe pour le moment aucun traitement à l'efficacité vérifiée, l'Ebola se transmet à l’humain au contact d’animaux sauvages et de fluides corporels de personnes contaminées.