Hajer Cherni
01 Avril 2021•Mise à jour: 02 Avril 2021
AA / Yangon
Des députés dissidents de la junte militaire au Myanmar ont annoncé, jeudi, que les opposants au régime militaire ont décidé l'annulation de la constitution du pays de 2008, qui accorde de larges pouvoirs politiques à l'armée, présentant à cet effet, une nouvelle charte provisoire pour la remplacer.
Cette décision vient à la suite de la vague des protestations contre le coup d'État militaire qui a renversé le gouvernement élu au Myanmar en février dernier.
Le comité Baidaungsu Hlutao qui se présente sous la forme d'un groupe rassemblant des députés de la Ligue nationale pour la démocratie et le parti de la chancelière Aung San Suu Kyi, a déclaré dans un communiqué que "la constitution a été abolie à l'issue d'un accord relatif au pacte provisoire entre les groupes dissidents et les alliances ethniques".
Le communiqué a expliqué dans ce contexte qu' "un nouveau gouvernement de coalition sera formé dans la première semaine d'avril sur la base de la Charte fédérale de la démocratie convenue", sans préciser d'avantage le nombre de députés dissidents.
Cette décision, bien que plus symbolique que pratique, est considérée comme un pas en avant pour attirer les groupes ethniques armés du pays vers une alliance avec le mouvement de protestation de masse anti-coup d'Etat, a affirmé l'AP.
Au début du mois de février, des commandants de l'armée ont mené un coup d'État, suivi de l'arrestation de hauts dirigeants du pays, dont le président Win Myint et la chancelière Aung San Suu Kyi.
Depuis le coup d'Etat en février, le nombre de personnes arrêtées s'est alourdit à 2 559, tandis que le bilan des morts tués aux mains de l'armée et des forces de police a atteint les 536, selon l'Association de soutien aux détenus politiques, un groupe d'activistes basé en Thaïlande.
* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni.