AA / Lagos (Nigéria) / Rafiu Ajakaye
Les autorités nigérianes ont mis en garde, jeudi, contre des projets d’attentats utilisant des femmes kamikazes pour s'attaquer aux centres de votes durant les élections générales du 14 février.
« De récents rapports des renseignements indiquent que des Nigérians sans scrupules ont mis au point des plans pour subrepticement collecter, acheter, ou voler des cartes d’électrice permanentes, pour ensuite les donner à des kamikazes femmes et leur permettre l’accès à des centres de votes" , a souligné le coordinateur du Centre de lutte contre le terrorisme, Mike Omeri, lors d’un point de presse hebdomadaire animé dans la capitale nigériane, Abuja.
"Elles comptent y détoner leurs bombes et tuer des électeurs innocents » a-t-il ajouté.
« A la lumière de cette information, les Nigérians, et particulièrement les électrices nigérianes, sont avertis de la nécessité de rester vigilants et de garder jalousement leurs cartes afin d’éviter le risque qu’elles ne tombent aux mains de ces mauvais éléments », a relevé Omeri.
Les Nigérians se rendront aux urnes le 14 février pour élire un président et les membres du Parlement fédéral.
Bien que quatorze candidats se présentent à la fonction ultime, le scrutin présidentiel est considéré comme une compétition qui oppose uniquement le président sortant Jonathan à l’ancien dirigeant militaire du Nigéria, Muhammadu Buhari.
Des dizaines de milliers de civils ont été tués et des dizaines de milliers d’autres déplacés dans la région du Nord-est du Nigéria depuis le début de l’insurrection.
Boko Haram contrôle, actuellement, environ douze zones rattachées à des Conseils locaux et plus de cinquante villes et villages à travers trois Etats du nord-est du pays: Yobe, Borno et Adamawa.
L'organisation, classée «terroriste» par les Nations Unies, mène depuis cinq ans une sanglante insurrection dans les Etats du Nord-est du Nigéria.
Boko Haram est présenté comme un groupe armé extrémiste prêchant une version extrême de l’Islam, bien que plusieurs de ses membres arrêtés aient avoué que les chefs de l’organisation discouraient rarement sur l’Islam.
Les analystes sont eux mêmes divisés quant au penchant idéologique du groupe, et certains des experts affirment même qu’il s’agit d’un mouvement politique se dissimulant sous la bannière de la religion