AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le président nigérian sortant, Goodluck Jonathan, a officiellement concédé mardi soir, sa défaite à l’élection présidentielle.
«J’ai transmis mes meilleurs vœux au général Muhammadu Buhari» a déclaré Jonathan dans un communiqué.
Buhari a remporté 21 Etats, tandis que Jonathan n’en a gagné que 15, plus Abuja, considérée comme un Etat durant les élections, d’après la Commission nationale électorale indépendante (CENI).
Le président de la CENI, Attahiru Jega, a déclaré que Buhari avait récolté 15 424 921 voix sur un total de 28 587 564 votes valides lors de cette élection, tandis que son adversaire Jonathan en a obtenu 12 853 162.
Il a ajouté que 844 519 votes ont été rejetés.
Le chef de la CENI a également assuré que Buhari a obtenu 25%, ou plus, des votes dans 27 Etats du Nigéria.
Dans son communiqué officiel, Jonathan a félicité le peuple nigérian pour cette élection présidentielle «réussie».
« Bien que certaines personnes ont exprimé des sentiments mitigés concernant les résultats annoncés par la Commission nationale électorale indépendante (CENI), j’exhorte les parties qui peuvent se sentir mécontente de suivre la procédure établie basée sur notre Constitution et nos lois électorales pour déposer des recours» a plaidé le président sortant.
Mardi, le Parti démocratique populaire (PDP) de Jonathan qui était au pouvoir au Nigéria a accusé le président de la CENI de «parti pris» en faveur de l’opposition.
«Nous avons perdu confiance en ce que vous faites » avait déclaré l’agent de collecte du PDP au sein du Centre national de collecte, Godsdey Orubebe, à Jega.
« Nous ne croyons plus en vous. Vous vous êtes compromis. Et nous n’accepterons plus [les résultats] venant de vous » avait ajouté Orubebe.
Orubebe a également reproché à la CENI d’avoir ignoré de précédentes plaintes du parti au pouvoir concernant des «fraudes électorales» présumées.
«Comme je l’ai toujours affirmé, aucune ambition personnelle ne vaut le sang d’un Nigérian. L’unité, la stabilité et le progrès de notre cher pays sont plus importants que tout » a, pour sa part, assuré Jonathan.
Seul un tribunal peut légalement annuler des résultats électoraux après leur annonce par les responsables compétents en la matière, ce qui signifie indirectement que la mission d’observation de la CENI n’est en définitive qu’une mesure théorique.
Selon les lois nigérianes, les parties s’estimant lésées ont 30 jours à compter de l’élection pour contester devant les tribunaux le résultat du scrutin.
La cérémonie d’investiture du nouveau président nigérian aura lieu le 29 mai prochain, qui est également la date du transfert du pouvoir présidentiel depuis 1999.