AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le président nigérian en exercice, Goodluck Jonathan, a réduit son écart avec son principal opposant dans l’élection présidentielle, Muhammadu Buhari, de 2,2 millions de voix sur 19 Etats à 648 927 sur 25 Etats et la capitale fédérale Abuja, a annoncé, mardi, la Commission électorale.
Buhari, un ancien dirigeant militaire du Nigéria qui s’est présenté sous la bannière du parti de l’opposition Congrès progressiste (ACP), a engrangé un total de 10 454 137 des votes contre 9 805 210 pour Jonathan.
Lundi soir, le candidat de l’opposition menait la course présidentielle par 2,2 millions de voix dans 19 des 36 Etats que compte le pays.
Les résultats de sept autres Etats, annoncés mardi par La Commission nationale électorale indépendante (CENI), ont cependant permis à Jonathan de réduire cet écart.
Le chef de l’Etat nigérian a réussi à pulvériser le score de son concurrent dans l’Etat de Rivers en remportant 1 487 075 voix contre 69 238 pour Buhari.
Un couvre-feu de durée indéfinie a été imposé dans le Rivers où les tensions se sont accrues lorsque le parti de l’opposition a affirmé que des fraudes électorales avaient eu lieu dans les bureaux de votes de la région.
La CENI a, cependant, décidé de rejeter les accusations et a annoncé les résultats définitifs du scrutin dans cet Etat du sud du Nigéria.
« L’APC a affirmé que l’élection ne s’est pas déroulé (dans le Rivers], que les bulletins de votes n’avaient pas été distribués et que des substitutions de membres du personnel spécialement formé pour le processus avait eu lieu » a déclaré le président de la Commission électorale, Attahiru Jega.
« Nous avons établi que le scrutin avait bien eu lieu à Rivers, à l’exception de quelques incidents comme ailleurs. Nous n’annulons donc pas les résultats » a soutenu Jega.
Le Nigéria compte 36 Etats, outre le territoire fédéral de la capitale Abuja, considéré comme un Etat durant les élections.
Pour remporter la présidentielle le candidat doit obtenir plus de 50% de tous les votes valides, et plus obligatoirement au moins 25% dans les deux tiers des 36 Etats du pays.
Si aucun candidat n’a répondu à ces conditions au premier tour, les deux finalistes doivent concourir pour une majorité simple lors d’un second tour.
Les parties s’estimant lésées ont 30 jours à compter de l’élection pour contester devant les tribunaux le résultat du scrutin.
Bien que quatorze candidats se présentent à la fonction ultime, le scrutin présidentiel est considéré comme une compétition menée uniquement entre le président actuel Jonathan Goodluck et l’ancien dirigeant militaire du Nigéria, Muhammadu Buhari, qui se présente sous la bannière du parti de l’opposition, le Congrès progressiste (ACP).
Le scrutin se déroule dans 119 973 bureaux de vote à travers le pays et se terminera lorsque tous les électeurs auront pu obtenir leur accréditation et déposer leurs bulletins de vote.
Les Nigérians devaient initialement se rendre aux urnes le 14 février pour élire un président et les membres du Parlement fédéral, mais le processus a été reporté au 28 mars et 11 avril, en raison, d'après les autorités, «de l’insurrection de Boko Haram dans la région du Nord-est».