AA/Mogadiscio (Somalie)/ Yassin Juma
Le gouvernement somalien a déclaré que 131 personnes ont été tuées, en Somalie, dans des attaques d’al-Shabab durant l’année 2014, faisant état d’une importante baisse du chiffre des victimes du groupe armé extrémiste depuis 2006.
«La plupart des décès ont été causés par des attentats suicides» a affirmé, à l’Agence Anadolu (AA), un responsable du ministère somalien de la Sécurité nationale, Mohamed Osman.
«Nous avons enregistré 102 morts rien que par attentats à la bombe » a précisé Osman, ajoutant que 179 personnes avaient été blessées dans les attaques.
D’après la police somalienne, seize attentats à la bombe ont été enregistrés, en 2014, tandis que 150 autres ont pu être déjoués, durant la même période.
Dix-huit personnes ont été tuées et 71 blessées lors de 98 attaques contre l’armée somalienne et les Casques bleus africains, menées avec des engins explosifs improvisés (EEI).
Dix autres ont trouvé la mort dans des attaques à la voiture piégée, tandis qu’une seule personne a été tuée lors des quarante attaques à la grenade, enregistrées cette année.
«L’année dernière, le bilan des victimes atteignait le nombre de plus de 400 personnes » a déclaré Osman.
« Ces chiffres montrent clairement que le gouvernement, avec le soutien de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), a été capable d’améliorer la sécurité » a affirmé Osman.
Un journaliste local, Mohamed Dahir, a, pour sa part, déclaré ne pas être convaincu par les chiffres avancés par le gouvernement.
« Nous rapportons les massacres d’al-Shabab à un rythme quasi-quotidien » a-t-il révélé à l’Agence Anadolu (AA).
«Si jamais les chiffres sont correctes, cela voudrait simplement dire qu’al-Shabab a commis plus de meurtres du coté Kenyan de la frontière que du côté somalien» a-t-il expliqué à Anadolu.
Créé en 2004, le groupe al-Shabab combat ces dernières années le gouvernement somalien dans l’objectif notamment d’acquérir et de contrôler un important territoire en Somalie.
Bien qu’il ait été chassé de la capitale somalienne, Mogadiscio, et de la majorité de ses anciens bastions à travers le pays, al-Shabab continue à cibler des responsables gouvernementaux et des soldats étrangers déployés dans le pays.
La Somalie semblait récemment s’approcher d’une certaine stabilité avec la mise en place d’un nouveau gouvernement et l’intervention des troupes de l’Union Africaine.
Le pays reste cependant toujours en proie aux violences politiques depuis le déclenchement de la guerre civile, en 1991.