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Si le cap de la lutte contre Ebola est maintenu, l'objectif "zéro cas" pourrait être atteint dans les trois pays les plus touchés avant le mois de juin, selon Badjona Songne, conseiller en santé du Président togolais, Faure Gnassingbé, lui-même coordonnateur de la Communauté économique d'Afrique de l'Ouest " Cedeao" pour la utte anti-Ebola.
De retour d'une tournée régionale avec le Président Gnassingbé, le Professeur Badjona Songne, a déclaré à Anadolu que cette visite dans les pays les plus touchés par Ebola (Libéria, Guinée et Sierra Leone) poursuivait l'objectif d'une meilleure coordination des activités menés et penser à la reconstruction après Ebola.
"De cette visite, il faut retenir trois choses importantes. La première chose c’est l’engagement des chefs d’Etat de ces pays pour cette lutte. La deuxième chose, une régression spectaculaire de la maladie, et puis, c’est la nécessité d’accompagner ces pays pour la reconstruction." déclare Badjona Songne à Anadolu.
Quoique l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se soit, récemment, alarmée d'une recrudescence d'Ebola et affiche, pour l'heure, un bilan qui avoisine les 10.000 morts et le triple, en termes de cas d'infection, depuis un an que l'épidémie s'est manifestée en Guinée Forestière, le conseiller du Président Faure Gnassingbé reste optimiste quant l'éradication de l'épidémie en l'espace de trois mois.
"Il faut maintenir le cap pour que nous aboutissions vraiment à un niveau de zéro cas. C’est possible. Il y a six mois, on était à trois cent cas par pays et par semaine." se rappelle le professeur "Aujourd’hui nous en sommes pour les trois pays à moins de cent cas. Cela veut dire tout simplement que si le cap de la lutte est maintenu, dans un trimestre, je crois qu’on pourra atteindre cet objectif zéro cas dans les trois pays."
Depuis début février, des vaccins ont commencé à être testés dans les trois pays concernés. L'état avancé de ces tests en fait un élément phare de la riposte, pour Songne.
"Il faut maintenir de concert, la sensibilisation, avec la prise en charge thérapeutique, pour laquelle les essaies sont en cours, avec les vaccinations. Et les essais sont également avancés." se réjouit Songne "Ce n’est qu’à ce prix, lorsqu’on serait en mesure de maintenir le cap de la sensibilisation, le cap de la surveillance et qu’on disposera de vaccin, qu’on pourra alors parler de l’éradication. L’éradication est bien possible."
En attendant, il faudrait, selon Badjona Songne, se garder de stigmatiser et les pays et les individus porteurs de ce virus. C'est la raison pour laquelle Faure Gnassingbé a lancé un appel aux compagnies aériennes boycottant encore "les destinations Ebola", à reprendre les activités envers la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.
"Il ne faudrait pas qu’on attende zéro cas avant d’autoriser la déssertion de ces pays. C’est justement parce que ces pays sont en difficulté qu’il faudrait peut-être renforcer le transport aérien à ces pays-là, pour faciliter le déplacement de la population, parce que, ce sont ces déplacements justement qui apportent les ressources nécessaire pour la lutte." déclare-t-il.
Le conseiller du Président togolais constate que le virus hémorragique n'ait pas atteint le Togo, il a annoncé une série de mesures pour savoir réagir au cas où la maladie y faisait son entrée.
"le Togo a commandé des hôpitaux mobiles, qui vont être déployés sur ces sites-là qui ont été déjà aménagés, viabilisés. A côté de ces sites, il y a ce qu’on appelle, des sites d’isolement. Lorsque vous êtes devant un cas suspect, il faut que ce cas suspect soit gardé à un lieu isolé. Et le Togo a préparé huit centres, un au niveau de chaque préfecture plus deux centres au niveau de certaines préfectures frontalières."