Qualid Filsde Mohamed Chine
15 Novembre 2015•Mise à jour: 16 Novembre 2015
AA/Tunis/Qualid Filsde Mohamed
«Le terrorisme s’est hissé au premier plan des questions abordées par le G-20, dans la ville turque d’Antalya, alors que la France et le monde déplorent le massacre de Paris», a affirmé le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan.
C'est ce qui ressort d'une tribune publiée par le président turc dans la presse internationale, à la fin de la présente semaine.
«Le G-20, dont les membres représentent environ 85% de l'économie mondiale, assume une responsabilité importante pour répondre aux défis qui affectent la vie de millions de personnes à travers le monde», a-t-il écrit.
Pour le président turc, le G20 ne peut, en effet «se complaire dans l’inaction, qu’il s’agisse de terrorisme ou de la fragilité de l'économie mondiale».
«Notre approche, en faveur d’une croissance inclusive, a bénéficié du soutien des membres du G20, depuis que la Turquie a assumé la présidence de l'organisation, en décembre 2014», a affirmé Erdogan, appelant à ce que «les fruits de la croissance soient partagés par tous».
«L'inégalité est en hausse dans de nombreux pays du G-20», a déploré le président turc, relevant que «dans certains cas, elle a atteint des sommets historiques». Or il s’agit, selon lui, d’une «évolution dangereuse», à même de «menacer la cohésion des sociétés».
Erdogan a estimé que «résorber le chômage est au cœur de la lutte contre les inégalités», rappelant qu’il y a environ 100 millions de personnes sans emploi dans les Etats membres du G-20.
Sur un autre plan, le président turc a affirmé que «les attaques terroristes à Paris ont brutalement rappelé, que les défis mondiaux - tels que le terrorisme, la guerre en Syrie, et la crise des réfugiés - exigent des réponses véritablement mondiales. Le G-20 est le forum idoine pour aborder ces problématiques».
«La guerre civile syrienne – qui a éclaté depuis plus quatre ans – doit prendre fin, et une transition politique juste et durable doit être assurée. Le conflit et le terrorisme d'Etat du régime du président syrien Bachar al-Assad est non seulement la cause de terribles souffrances en Syrie et la mort de plus de 360.000 personnes, mais il est également à l’origine de la crise des réfugiés et de l'émergence de Daech, qui constitue une menace pour tous les pays», ajoute le président turc.
«La Communauté internationale qui a frémi en regardant la photo de l’enfant syrien de trois ans, retrouvé mort sur une plage turque, doit se rappeler que beaucoup d'autres comme lui sont en train de mourir tous les jours dans les eaux froides de la Méditerranée et de la mer Egée», a-t-il souligné.
«La Turquie accueille actuellement quelque 2,2 millions de réfugiés syriens, et nous avons dépensé plus de 8 milliards de dollars en leur faveur», écrit le président Erdogan, appelant la «Communauté internationale à convenir d’un mécanisme qui assure que la charge soit équitablement répartie».
Dans un autre registre, Erdogan a rappelé que «la Turquie continue de faire face à la menace du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée terroriste par les États-Unis et l'Union européenne».
«Comme nous continuons à lutter contre le fléau du terrorisme en Turquie, nous appelons tous les pays, à ne pas seulement pleurer les morts de Paris, mais à rejeter le terrorisme sous toutes ses formes», a-t-il souligné.