Safwene Grira
14 Juin 2016•Mise à jour: 14 Juin 2016
AA/ Bujumbura/ Jean Bosco Nzosaba/ Yvan Rukundo
Trois personnes ont été tuées, mardi dans la province de Ngozi dans le nord du Burundi, après l'explosion d'une grenade près d'une école primaire, a appris Anadolu de source officielle.
"Cela s'est passé ce matin vers 08h30 (06h30 GMT), la grenade a été lancée par une personne non encore identifiée. Une enquête est en cours", a déclaré à Anadolu Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de la Sécurité publique.
Parmi les victimes se trouvent un militaire et un élève, tués sur-le-champ. Grièvement touché, un motard a par la suite succombé à ses blessures, selon la même source.
Les attaques armées se sont multipliés depuis l'été dernier, après l'échec d'un coup d'Etat contre le Président burundais Pierre Nkurunziza. Depuis, les violences meurtrières, dont les auteurs ne sont jamais identifiés, sont devenues quasi-quotidiennes, en visant indistinctement, civils et militaires, opposants et proches du régime.
L'attaque de ce mardi survient néanmoins au moment où la province de Ngozi, dont le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza est originaire, s’apprête à accueillir, les 18 et 19 juin, un congrès extraordinaire du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD).
Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, à un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, "en violation" de la Constitution.
L'opposition, la société civile et une partie du propre camp du président reprochent également à ce nouveau mandat de violer l'accord d'Arusha qui avait mis fin à la guerre civile de 1993-2006.
Cette crise a fait, depuis, plus de 700 morts et poussé 280.180 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR, 6 juin 2016).