AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'exécutif français se montre réticent à procéder à un remaniement ministériel ou à un changement de politique au lendemain de sa défaite aux élections départementales, malgré la pression qu'il subit de la part des opposants ''frondeurs'' au sein de la gauche.
''Ceux qui pensent que nous allons freiner ou arrêter les réformes se trompent. Quel que soit le résultat des élections, nous allons les poursuivre en ouvrant de nouveaux chantiers'', a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls, dans son discours prononcé peu après l'annonce des résultats du second tour des élections montrant que le Parti socialiste (PS) au pouvoir a perdu la moitié de ses départements, qui ont tous basculer vers la droite.
Valls avait par ailleurs confié que ''le remaniement n'est pas l'urgence'', dans une interview parue le jour même du second tour des élections départementales dans le Journal du Dimanche. Le même ton a prévalu chez le président français François Hollande qui assurait d'ores et déjà depuis mi-mars qu''il n’y aura pas de changement, ni de ligne ni de Premier ministre''. Hollande avait par ailleurs affirmé travailler ''en confiance avec Valls'' tout en soulignant qu'il ''ne doute pas de sa loyauté''.
Les frondeurs ont pourtant appelé dimanche soir à un rassemblement de la ''grande gauche'', pour ''soutenir des politiques nouvelles''. Le collectif "Vive la gauche" a notamment fait part de son mécontentement vis-à-vis du gouvernement par le biais d'un communiqué, signalant que ''sans changements sincères dans les politiques, sans renouvellement de la pratique du pouvoir, la dispersion de la gauche sera irréversible''. Le député PS des Yvelines Benoît Hamon, a estimé de son côté que ''la politique de la gauche manque de résultats aujourd’hui sur l’essentiel''.
La dernière défaite subie par le PS lors des élections municipales en mars 2014, notamment par la perte de 155 villes de plus de 9 000 habitants, avait pourtant coûté à Jean-Marc Ayrault son poste de Premier ministre. Valls avait alors été désigné chef du gouvernement par l'Elysée, pour se retrouver cinq mois plus tard devant une crise ministérielle. Les trois ministres en désaccord avec la politique ''austéritaire'' de l'exécutif, Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, avaient tous présenté leur démission en août 2014, obligeant Valls et Hollande à procéder à un remaniement.