AA/ Anatananarivo/ Iloniaina alain Rakotondravony
L’Union Européenne (UE) a décidé d'abroger la décision qu'elle avait prise à l'égard de Madagascar, stipulant la suspension de la coopération avec le pays, depuis 2010 », selon un communiqué du Conseil de l’UE rendu public lundi, dans la capitale malgache.
Cette décision intervient concomitamment à la visite de trois jours de Makhtar Diop, vice-président de la Banque Mondiale pour la région Afrique, achevée lundi. Une visite qualifiée d’ « historique » par la BM, étant « la première dans le pays d’un vice-président de la plus importante instance financière internationale dans le monde depuis 10 ans », a souligné Eric Rabemananoro, responsable de la communication du bureau de l’institution de Bretton Woods à Madagascar, dans une conférence de presse tenue la même journée, à Antananarivo.
«On assiste à une nouvelle phase, celle de l’espoir renouvelé qui devrait permettre à Madagascar de récupérer la confiance dont elle jouissait auprès de la communauté internationale», a-t-il ajouté
Pour Hery Ramiarison, enseignant en économie à l’Université d’Antananarivo et directeur de l’Observatoire pour le développement des ressources humaines, cette visite donne à lire que « les bailleurs de fonds vont financer à nouveau le développement à Madagascar et que leurs actions vont s’étendre pour inclure d’autres secteurs. Avant, ils n’ont financé que les travaux d’urgence et le volet humanitaire ».
Avec le retour à la normalité suite aux récentes élections dans le pays (mettant un terme à la prise du pouvoir par une direction militaire en 2009), Hery Rajaonarimampianina, le nouveau président de la République de Madagascar avait affirmé le 9 mai avoir obtenu des bailleurs de fonds internationaux des promesses de financement estimés « entre 1,5 et 2 milliards de dollars », pour relancer une économie en difficulté à cause de la crise politique.
Haleh Bridi, ancienne directrice des opérations de la Banque mondiale à Madagascar, aux Comores, à Maurice et aux Seychelles, avait, quant à elle, évoqué, avant son départ le 27 mars dernier, un chiffre d’ « un milliard de dollars (...) de financements signés et approuvés disponibles pour Madagascar (...) de la part d’un amalgame de cinq-six bailleurs de fonds ».
Le retour à la normalité de l’Etat malgache a de surcroîtr servi de pierre d’achoppement pour la relance économique. Outre la mobilisation des institutions financières internationales, la loi de finances 2014 évoque un taux de croissance de 3%. Le Premier ministre Roger Kolo a estimé, lui, un « taux de croissance économique de 7% dès le deuxième semestre 2014 et un taux à deux chiffres en 2015 », dans son discours de présentation de son programme à l’Assemblée nationale le 9 mai. Les estimations de la BM tablent, quant à elle, sur un taux de croissance de 5 à 6%.