AA / Tunis / Esma Ben said
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a convoqué onze pays pour une réunion d’urgence début juillet à Accra (Ghana) afin de prendre des «mesures drastiques» contre le virus Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, a annoncé l’agence de l’ONU dans un communiqué.
Les 2 et 3 juillet prochain, les ministres de la santé de 11 pays africains (Guinée, Liberia, Sierra Leone, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Mali, Sénégal et Ouganda) ainsi que différents partenaires de l’organisation, dont des représentants de Médecins sans frontières (MSF), élaboreront «un plan complet de riposte opérationnelle inter-pays » afin d’ «interrompre dans les plus brefs délais la propagation de la maladie», précise le texte, publié jeudi.
La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone totalisent 635 cas de fièvre hémorragique depuis le début de l’année, dont 399 décès, ce qui fait de la fièvre Ebola, l'épidémie «la plus grave» en termes de nombre de cas et de décès notifiés et par sa répartition géographique, a constaté l’OMS dans son dernier bilan communiqué jeudi.
Le 23 juin dernier, MSF avait averti que l'épidémie Ebola était désormais "hors de contrôle" et qu’elle menaçait de se propager à d'autres zones, constat partagé à présent par l’OMS qui a déployé au total 150 experts sur le terrain, selon les dernières données de l’agence onusienne.
«L’OMS est vivement préoccupée par la transmission en cours de l’épidémie aux pays voisins, ainsi que par le potentiel de propagation internationale ultérieure du virus Ebola», a déclaré le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, docteur Luis Sambo, cité dans le communiqué.
«Il ne s’agit plus d’une épidémie spécifique à un pays mais d’une crise sous régionale qui requiert une action ferme des gouvernements et des partenaires», a souligné le docteur Sambo, cité par le même document.
«Il faut impérativement intensifier les efforts de riposte, promouvoir la collaboration transfrontalière et le partage d’informations sur les cas suspects et les contacts, conformément aux lignes directrices de l’OMS, et mobiliser tous les secteurs de la communauté afin de garantir un accès sans entrave aux zones affectées. C’est de cette manière que l’on pourra enrayer efficacement l’épidémie», a-t-il préconisé.
La fièvre hémorragique due au virus d'Ebola est l'une des maladies virales les plus virulentes connues chez l'homme. Avec un taux de létalité pouvant atteindre jusqu'à 90%, elle ne connaît pas, encore, de vaccin efficace. Repérée dans les années 1976 au Soudan et en RD Congo, elle a commencé, dès le 9 février dernier, à se manifester pour la première fois en Guinée.